⚠️ Note à l’attention des lecteurs :
La présentation ci-dessous n’est qu’un extrait partiel du scénario original, diffusé à titre informatif et promotionnel.
Afin de préserver les droits d’auteur et la confidentialité du projet, certaines scènes, dialogues et éléments narratifs essentiels ne figurent pas dans cette version.
👉 Le dossier complet (scénario intégral, note d’intention, découpage et fiches techniques) peut être transmis sur demande motivée et vérifiable, à des fins de lecture professionnelle uniquement.
Le scénario et le storyboard présentés ci-après sont horodatés et protégés conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle (article L.111-1).
Ils bénéficient d’une preuve d’antériorité garantissant la paternité de leurs auteurs et leur valeur juridique et artistique dès leur création.
Toute reproduction, diffusion ou adaptation partielle ou totale sans autorisation écrite préalable est strictement interdite.

Le Roman – Le film – La série
_______________________
Le Roman
Lorsque plus de 500 ans d’Histoire provençale
percutent une famille, son destin explose.
Un appel téléphonique. C’est tout ce qu’il a fallu pour balayer la vie tranquille de Valérie et Dominique.
Un héritage inattendu les projette soudain dans les arcanes d’une famille aux origines dissimulées depuis des temps immémoriaux. Guidés par les indices laissés par des générations de veilleurs, ils plongent dans une quête où passé et présent s’entremêlent.
Entre devoir de mémoire et instinct de survie, le couple va devoir affronter une histoire faite de persécutions et de sacrifices. Car à travers cinq siècles de fureur, Valérie ne découvre pas seulement ses ancêtres, mais aussi le prix qu’ils ont dû payer.
Quand la foi sert d’alibi au massacre, et que la cupidité se déguise en religion, il ne reste que le sang des justes pour témoigner.
Bruno Fournier, né en 1956, nourrit une insatiable curiosité pour l’histoire, les sciences, les technologies et les arts depuis son plus jeune âge. Retraité provençal, il a troqué l’agitation des grandes villes pour la richesse culturelle et la quiétude de sa région, un terreau fertile pour laisser éclore son imagination. C’est le fruit de cette soif de conter une histoire pleine de rebondissements, ou bonheurs et malheurs se mêlent. À travers ce roman, il nous invite à déchiffrer les énigmes d’un héritage ancestral, où les secrets du passé résonnent avec les défis du présent.
Le film en développement
PRÉSENTATION PRODUCTEUR
Le sang des veilleurs
Drame psychologique / Thriller familial
Long-métrage ou Mini-série (4 à 6×52’)
1. Présentation générale
Titre : Le sang des veilleurs
Format : Long-métrage (100–120 min) ou Mini-série haut de gamme
Genre : Drame familial – Thriller psychologique – Mystère
Public : Adulte (30–70 ans) – Amateur de récits à secrets et de drames émotionnels
La Maison des Secrets est une histoire forte sur l’identité, les origines et les mensonges familiaux, construite autour d’un héritage inattendu qui bouleverse l’existence d’une femme.
2. Logline
Lorsque Valérie hérite soudainement d’une mystérieuse propriété en Provence, elle découvre qu’elle est adoptée. Sa vie s’effondre tandis qu’elle plonge dans une enquête intime qui la mène au cœur d’un secret de famille enfoui depuis cinq cents ans.
3. Résumé
Valérie et Dominique, un couple parisien usé par les confinements successifs, voient leur vie bouleversée lorsqu’un généalogiste affirme que Valérie est l’unique héritière d’une vaste propriété en Provence. Mais ce legs s’accompagne d’une révélation : Valérie n’est pas la fille biologique de ses parents.
Née sous un autre nom, abandonnée à la naissance après la mort de sa jeune mère, elle découvre que toute son identité repose sur un mensonge.
Entre colère sur ce mensonge et fascination pour cette maison isolée et la quête d’une vérité qu’on lui a cachée, Valérie plonge dans les archives familiales hérités, les silences et les zones d’ombre.
Plus elle approche de la vérité, plus le mystère se densifie : pourquoi son grand-père l’a-t-il volontairement fait adopter ? Pour quels secrets cette maison doit-elle être protégée ?
Héritage, trahison et renaissance se mêlent dans cette exploration intime où chaque révélation change le passé… et le futur.
4. Intention de l’auteur
Le sang des veilleurs interroge la construction de soi. Que devient un individu lorsqu’une vérité cachée détruit tout ce qu’il croyait être ?
Ce projet explore les non-dits familiaux, les traumatismes transmis ou cachés silencieusement, et le besoin vital de retrouver ses racines pour se reconstruire. L’héritage — la maison — devient un personnage à part entière : un lieu chargé d’histoires, un espace de mémoire, une porte vers la vérité qui refaçonne en permanence la vision du monde que l’on avait.
Mon intention est d’offrir un récit profondément humain, où l’émotion et le suspense avancent main dans la main. Une œuvre qui parle à chacun, car chaque famille possède ses secrets, plus ou moins avouables.
La force du projet réside dans son réalisme : pas de fantastique, pas d’artifices, seulement une vérité qui dérange et qui transforme. C’est la petite histoire dans la grande qui pour des familles est souvent bien plus importante qu’elle.
5. Atouts cinématographiques / sériels
Visuels forts
- Une grande propriété provençale isolée
- Des intérieurs chargés d’histoire
- Des flashbacks possibles sur les années 1970 voir plus.
- Un environnement naturel chaud, lumineux, contrastant avec le drame
Thématiques intemporelles
- Identité
- Filiation
- Adoption
- Histoires des siècles passés
- Silence et mensonge
- Reconstruction
Univers émotionnel
Un mélange de tension psychologique et d’introspection, proche de :
La Promesse de l’Aube, Les Revenants, Mommy, les séries familiales à secrets.
Potentiel public :
Large, adulte, cultivé, sensible aux récits vérité et aux histoires de famille.
6. Personnages principaux
Valérie
56 ans, Parisienne, rationnelle, organisée.
Son monde s’effondre lorsqu’elle apprend son adoption.
Elle doit faire face à la trahison, à l’inconnu et à elle-même.
Dominique
Mari de Valérie, protecteur, pragmatique.
Il devient son ancre, mais aussi son miroir : ses propres doutes refont surface.
Jean de Champagne
Généalogiste.
Catalyseur du récit. Porteur d’une vérité qu’il dévoile morceau par morceau.
Marcel Martin
Le grand-père biologique, disparu.
Présent à travers ses lettres, son testament, sa maison — un fantôme narratif.
7. Structure et rythme
Le récit progresse par révélations successives, chacune changeant la perception du spectateur :
- Appel du généalogiste
- Héritage inattendu
- Découverte de l’adoption
- Enquête sur la mère biologique
- Exploration de la maison — révélations matérielles
- Confrontation avec les parents adoptifs
- Vérité finale sur la filiation et sur le rôle du grand-père
Format idéal :
→ Film avec montée en tension continue
→ Mini-série 4×52′ avec fin d’épisode en cliffhanger
8. Potentiel de réalisation
Un cadre visuel puissant :
- Provence (lumière dorée, nature, isolement)
- Maison ancienne chargée d’histoire
- Intérieurs sombres, poussiéreux, révélateurs
- Ambiance sonore très travaillée (vent dans les arbres, silences, craquements)
Atmosphère :
- Sensation de vérité enfouie
- Émotion brute
- Tension psychologique douce mais permanente
9. Pourquoi ce projet ? Pourquoi maintenant ?
Parce que les thématiques d’identité, de famille et de mensonges générationnels n’ont jamais été autant au cœur des préoccupations :
tests ADN, secrets de naissance révélés tardivement, héritage émotionnel invisible.
Le public est prêt pour une œuvre intelligente, sensible, immersive, qui questionne sans juger.
10. Disponibilité
- Scénario complet disponible immédiatement
- Droits 100 % disponibles
- Auteur prêt pour réécriture, adaptation film ou série
- Discussion ouverte sur collaboration et coproduction
PITCH
LE SANG DES VEILLEURS
« Le sang des veilleurs raconte l’histoire de Valérie, une Parisienne de 56 ans qui traverse une période difficile avec son mari après plusieurs confinements. Leur couple s’essouffle, leur vie tourne en rond… jusqu’au jour où un généalogiste appelle Valérie pour lui annoncer quelque chose d’impensable : elle hérite d’une maison isolée en Provence, appartenant à un homme dont elle n’a jamais entendu parler.
D’abord sceptique, elle découvre que cet héritage est réel, important… et qu’il s’accompagne d’une révélation beaucoup plus bouleversante : Valérie n’est pas la fille biologique de ses parents. Elle a été adoptée à la naissance, après la mort tragique de sa mère naturelle, et ses parents lui ont toujours caché cette vérité.
À partir de là, tout bascule. Ce qu’elle croyait être sa vie — ses origines, son histoire, son identité — s’effondre. Elle entame une enquête intime pour comprendre qui elle est vraiment, pourquoi elle a été adoptée, et quel rôle ce grand-père inconnu a joué dans ce secret. Le cœur du récit repose sur cette maison en Provence : un lieu magnifique, chargé d’histoire, où chaque pièce, chaque document retrouvé semble contenir un fragment de vérité.
Plus Valérie avance, plus le passé se fissure : mensonges parentaux, documents cachés, décisions prises sans elle… Elle doit faire face à la douleur, mais aussi à une possibilité : celle de renaître. Le film explore la filiation, les secrets familiaux et la reconstruction personnelle, dans une atmosphère à la fois émotionnelle et mystérieuse.
Le sang des veilleurs est un drame psychologique fort, mais accessible, qui parle au public adulte. On est entre le drame familial et le thriller intime, avec un décor visuel puissant : la Provence, la lumière, la nature… contrastant avec un secret enfoui depuis cinq cents ans.
C’est une histoire universelle : que fait-on quand tout ce qu’on croyait vrai s’avère être un mensonge ? Comment se reconstruit on quand nos racines se dérobent ? C’est là que commence vraiment le parcours de Valérie. Et c’est là que réside toute la force du projet. »
DOSSIER ARTISTIQUE
PRODUCTEUR
LE SANG DES VEILLEURS
Drame psychologique – Thriller familial
Long-métrage ou Mini-série (4 à 6 × 52 minutes)
Auteur : Bruno Fournier
1. Pitch général
Le sang des veilleurs raconte la bascule intime d’une femme qui découvre, à plus de cinquante ans, que toute son identité repose sur un mensonge.
En héritant d’une mystérieuse propriété provençale, Valérie voit remonter à la surface un secret vieux de cinq cents ans : elle a été adoptée à la naissance, après la mort de sa mère biologique.
L’héritage devient alors le point de départ d’une enquête intime, émotionnelle et psychologique qui l’oblige à réécrire son propre passé pour retrouver son avenir.
2. Logline
Lorsqu’une femme hérite soudainement d’un domaine isolé en Provence, elle découvre qu’elle a été adoptée à la naissance. Cette révélation fait exploser les mensonges de son enfance et l’entraîne dans une quête intime pour retrouver sa véritable identité.
3. Synopsis
Valérie et Dominique forment un couple parisien qui s’étiole après les longs mois de confinements. Leur vie n’est plus qu’une répétition de routines et de fatigue émotionnelle. Tout bascule lorsqu’un généalogiste, Jean de Champagne, contacte Valérie pour lui annoncer qu’elle est l’unique héritière d’un homme nommé Marcel Martin, domicilié en Provence.
Cette annonce improbable s’accompagne d’un choc encore plus grand : Valérie n’est pas la fille de ceux qu’elle appelle ses parents. Elle est née sous un autre nom, abandonnée après le décès de sa mère biologique, Marguerite Martin, morte trois jours après l’accouchement.
Ce bouleversement identitaire l’oblige à revoir toute son histoire. Tandis qu’elle tente de comprendre ce passé effacé, la maison héritée — un corps de ferme isolé entouré d’oliviers, de terres et de bois — devient l’épicentre de sa reconstruction.
L’enquête l’amène à découvrir les motivations cachées de son grand-père, les mensonges de ses parents adoptifs, les traces du passé laissées dans la maison, et les raisons pour lesquelles son existence a été volontairement dissimulée.
Entre espoir, colère, fascination et renaissance, Valérie doit faire face à une vérité qu’on lui a soustraite toute sa vie.
Le sang des veilleurs est une histoire de filiation, de mémoire et de transmission. C’est aussi un récit lumineux : celui d’une femme qui, confrontée au mensonge, retrouve sa liberté.
4. Thèmes
Identité & Origines
Qui sommes-nous vraiment ?
Que reste-t-il de nous lorsque notre histoire est bâtie sur un mensonge ?
Secret de famille
Comment une vérité enfouie peut-elle traverser les générations et détruire ou réconcilier ?
Transmission
L’héritage n’est pas qu’un bien matériel : c’est un passé dont on hérite malgré soi.
Reconnaissance & Reconstruction
Ce récit montre comment une crise identitaire peut devenir une renaissance.
La maison comme personnage
Le domaine de Mérindol n’est pas un décor : c’est un coffre-fort d’histoire, un sanctuaire, un piège émotionnel, un révélateur ou cinq cents ans d’histoires familiale font comprendre à l’humain d’aujourd’hui que le passé peut être un facteur de reconstruction d’une identité que l’on croyait perdue.
5. Intentions artistiques
Le sang des veilleurs propose un drame psychologique ancré dans le réel.
L’objectif est de créer une œuvre immersive, sensible, centrée sur l’humain.
Tonalité
- Réaliste
- Intime
- Chargée de tension émotionnelle
- Mystérieuse sans basculer dans le fantastique
Atmosphère
Lumière provençale chaude et enveloppante… contrastée par les ombres d’un secret enfoui.
La maison est filmée comme un personnage :
- silences, craquements, odeurs, traces du passé, objets intacts
- chaleur écrasante du Sud
- solitude d’un domaine isolé
Narration
Le récit avance par paliers de révélations. Chaque vérité amène un basculement émotionnel.
Intérêt cinématographique / sériel
- Un lieu fort → le domaine
- Des personnages riches et ambigus
- Un secret dense mais crédible
- Une montée dramatique progressive
- Un final révélateur et émotionnel
6. Personnages
VALÉRIE — Protagoniste
56 ans.
Professionnelle rationnelle, équilibrée… jusqu’à la fissure.
Sa quête : comprendre d’où elle vient, pourquoi on lui a menti, et qui elle est vraiment.
Son arc : de femme stable mais enfermée → à femme blessée → puis femme reconstruite.
DOMINIQUE — Mari
Soutien, ancre, parfois miroir de ses peurs.
Il représente la stabilité, mais aussi la nécessité de réévaluer un couple face au changement.
JEAN DE CHAMPAGNE — Généalogiste
Catalyseur du récit.
Professionnel méticuleux, ambigu, presque trop calme.
Il détient la vérité… mais la délivre en doses.
MARCEL MARTIN — Grand-père (présence narrative)
Personnage fantôme.
Ce qu’il a décidé façonne tout.
Son silence, sa culpabilité, sa volonté : le cœur du mystère.
MICHEL & MAURINE NATIVEL — Parents adoptifs
Aimants, mais menteurs.
Leur secret n’était pas malveillant, mais malgré tout destructeur.
7. Échelle visuelle et sensorielle
Caméra
Plans larges sur la Provence → respiration du récit.
Plans serrés → suffocation intérieure.
Caméra discrète, organique, proche de l’intime.
Objos cinéma 35mm / 50mm / 85mm (faible profondeur de champ).
Lumière
- Extérieurs écrasants, lumière dorée, chaleur palpable
- Intérieurs sombres, volets mi-clos, poussière dans les rayons de soleil
- Ambiance crépusculaire pour les scènes-clés
Sons
- Silence épais
- Vent dans les oliviers
- Craquement du bois de la maison
- Reverb des grandes pièces vides
- Phone call / papiers froissés → révélations
Textures & Atmosphere
- Bois ancien, pierres chaudes, terre sèche
- Odeur d’ancien, humidité, matières naturelles
- Atmosphère sensuelle mais lourde, comme une mémoire figée
8. Format & Structure
Version Long-métrage (100–120 min)
Découpage en 3 actes + séquences révélation + climax final.
Version Mini-série (4 à 6 × 52’)
Structure idéale :
- Épisode 1 : L’appel – L’héritage – Le choc
- Épisode 2 : L’enquête – La maison – Les indices
- Épisode 3 : Confrontations – Vérités partielles – Effondrement
- Épisode 4 : Révélation finale – Reconstruction – Choix
Potentiel d’un :
- Spin-off sur la mère biologique
- Préquel sur la vie du grand-père
9. Références tonales
- Les Revenants (intimité + mystère)
- La Famille Bélier (intensité humaine, filiation)
- Boîte Noire (thriller psychologique réaliste)
- La Promesse de l’Aube (rapport à la mère, identité)
10. Public / Marché
- Public adulte : 30–70 ans
- Marché cinéma : forte demande pour les drames psychologiques à secrets
- Marché série : idéal pour plateforme (Netflix, Prime, Disney+ Star, OCS, France TV Slash)
- Facilement exportable : thème universel, visuel attractif.
11. Biographie courte de l’auteur
Bruno Fournier est un auteur passionné par les récits d’identité, les secrets de famille et les destins individuels.
Le sang des veilleurs est un projet né de la volonté d’explorer la vérité invisible qui circule dans les familles, et la manière dont un simple document ou un héritage peut bouleverser une vie entière. Une prise de conscience de l’humain et ce qu’il à de meilleur ou de pire à offrir
12. Matériaux disponibles
- Scénario complet
- Chapitres détaillés
- Lieux décrits précisément
- Possibilité de storyboard premium scène par scène
- Auteur disponible pour adaptation directe en format cinématographique
13. Statut & Droits
- Droits 100 % disponibles
- Auteur ouvert :
- à une option producteur
- à une coproduction
- à une réécriture sur mesure (cinéma ou série)
14. Conclusion
Le sang des veilleurs est une œuvre émotionnelle, immersive et moderne.
Elle propose une expérience forte, un voyage sensoriel dans un lieu chargé d’histoire et dans le temps, une quête identitaire universelle et un mystère construit avec soin.
C’est un projet puissant, ancré dans le réel, avec un fort potentiel international.
Scénariste Storyboarder : Bertrand COFFIN
SCÈNE D’OUVERTURE DU ROMAN
Chapitre 1
Le tic-tac de la vieille horloge comtoise n’avait jamais semblé aussi bruyant, ni aussi lent. Dans le silence feutré de son étude parisienne, Maître Benoît Garamond martelait le cuir vert de son sous-main du bout de son stylo plume. Un rythme nerveux, saccadé, qui trahissait une tension qu’aucun de ses collaborateurs ne lui connaissait.
Dehors, la pluie d’automne fouettait les vitres du boulevard Saint-Germain, mais le notaire n’y prêtait aucune attention. Tout son être était focalisé sur l’objet qui trônait au centre de son bureau, tel un monolithe de papier jauni : le dossier de la succession Marcel Martin.
SCÈNE 1
“L’étude du notaire”
Lieu : Étude parisienne de Maître Garamond
Temps : Fin d’après-midi d’automne – lumière naturelle faible
Durée : 45–55 secondes à l’écran
Tonalité : Suspense feutré, lourdeur historique, tension intérieure.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 40 mm : plans narratifs, atmosphère, mouvements lents.
- CAM B — Sony FX6, objectif 85 mm : gros plans émotionnels, textures, détails du bureau.
- CAM C — Blackmagic Pocket 6K Pro, objectif 24 mm : plans d’ambiance, éléments du décor, POV.
LUMIÈRE & AMBIANCE
- Extérieur : pluie battante, lumière bleu-gris, reflets liquides sur les vitres.
- Intérieur : sources chaudes (lampes de bureau + appliques), température 2700K, contraste marqué entre le jaune des lampes et la froideur du jour.
- Texture dominante : cuir ancien, bois ciré, papier jauni.
- Atmosphère : une pièce figée dans le temps, presque sacrée.
SONS
- Horloge comtoise : tic… tac… tic… tac… très présent, presque oppressant.
- Pluie contre les vitres, rythme irrégulier.
- Stylo-plume frappant le cuir : tap, tap, tap
- Lointain : souffle continu des voitures du boulevard Saint-Germain.
SENSORIEL
- Odeur de vieux papier, plume encre bleue, cire pour meubles.
- Le cuir du sous-main est légèrement usé, texturé, presque rêche sous les doigts nerveux du notaire.
DÉROULÉ – PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Ambiance extérieure
CAM C – 24 mm – fixe
Pluie en flou artistique sur la vitre.
Derrière, Paris est une présence lointaine et sombre.
→ Passage lent vers le reflet de l’horloge à l’intérieur.
Atmosphère émotionnelle : le temps pèse.
PLAN 2 — L’horloge comtoise
CAM B – 85 mm – macro
Gros plan sur le balancier :
le tic-tac résonne comme un métronome anxieux.
Lumière : filet de lumière froide venant de la fenêtre, soulignant la poussière en suspension.
PLAN 3 — Le notaire
CAM A – 40 mm – léger travelling avant
Maître Benoît Garamond, silhouette rigide, assis derrière son large bureau de bois sombre.
Il tape nerveusement du bout de son stylo-plume sur le cuir vert du sous-main.
Texture : le cuir absorbe le son et le rend sourd, comme un battement de cœur mécanique.
PLAN 4 — Détail des mains
CAM B – 85 mm – très gros plan
Doigts crispés, phalanges blanches.
Stylo-plume de luxe, plume or, encre bleu royal.
Tap… tap… tap…
Ambiance émotionnelle : un homme d’ordinaire imperturbable, aujourd’hui fissuré.
PLAN 5 — Décor & symbolique
CAM C – 24 mm – panoramique lent
- Bibliothèques remplies de dossiers reliés.
- Tampon en bois.
- Parchemins encadrés.
- Cadre photo discret de son père, notaire avant lui.
Ressenti : cet office n’est pas seulement son lieu de travail : c’est un héritage qu’il porte comme un poids.
PLAN 6 — Le dossier “Succession Marcel Martin”
CAM A – 40 mm – travelling latéral
Le dossier trône au centre du bureau.
Épais. Papier jauni. Ficelle en coton.
Il ressemble à un monolithe de secrets.
PLAN 7 — Gros plan sur le titre
CAM B – 85 mm
“SUC. MARCEL MARTIN — Strictement confidentiel”
En lettres manuscrites un peu tremblées.
Lumière : halo chaud venant d’une lampe articulée, créant une ambiance quasi religieuse.
PLAN 8 — Le visage de Garamond
CAM A – 40 mm – plan rapproché
Le notaire fixe le dossier sans cligner des yeux.
Sa mâchoire se contracte.
Une goutte de sueur glisse, presque imperceptible.
Emotion intérieure :
→ « Ce dossier n’aurait jamais dû remonter… pas maintenant. »
PLAN 9 — Son stylo s’arrête
CAM B – 85 mm – macro
Le stylo cesse son martèlement.
Silence lourd.
Seul reste le tic… tac de l’horloge.
PLAN 10 — Fin de scène
CAM A – 40 mm – léger zoom
Garamond pose sa main entière sur le dossier.
Il inspire profondément.
Ferme les yeux un instant.
Puis :
GARAMOND (murmuré)
« Il est temps… »
CUT TO BLACK.
Cela faisait une heure qu’il ne parvenait plus à travailler. Il avait repoussé deux signatures et ignoré une pile de courriers urgents. Il attendait. Depuis ce message vocal laissé la veille, il se sentait comme un chercheur d’or à l’orée du filon, ou peut-être comme un démineur face à un fil rouge. Ce dossier n’était pas une simple affaire de transmission de patrimoine ; c’était un héritage maudit, une patate chaude que son père lui avait léguée avec l’étude, accompagnée d’une mise en garde sibylline :
« Surveille l’affaire Martin comme le lait sur le feu, Benoît. Il y a des secrets qui pèsent plus lourd que des immeubles. »
Il se leva, fit quelques pas sur le parquet qui craqua sous son poids, et revint fixer le téléphone. Cette enquête piétinait depuis dix-huit mois. Dix-huit mois d’impasses, de fausses pistes, à traquer un fantôme sur ordre d’un mort.
SCÈNE 2
“L’attente”
Lieu : Étude de Maître Garamond — même bureau que la scène 1
Temps : Fin d’après-midi, quelques minutes après la scène précédente
Durée : 50–60 secondes à l’écran
Tonalité : tension psychologique, obsession, héritage maudit, poids du passé.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 35 mm : plans narratifs avec mouvement.
- CAM B — Sony FX6, objectif 90 mm : gros plans émotionnels.
- CAM C — Blackmagic 6K, objectif 18 mm : atmosphères, plans larges et symboliques.
LUMIÈRE
- Extérieur : pluie continue, lumière bleu acier.
- Intérieur : lampes chaudes créant un clair-obscur presque caravagesque.
- Contraste : l’ombre envahit la pièce, matérialisant le poids du secret Martin.
SONS
- Horloge comtoise, plus oppressante : tic… TAC… tic… TAC…
- Bruits feutrés du parquet ancien : krrrk… krrrk…
- Souffle nerveux de Garamond, léger, mais audible.
- Pluie persistante comme un rideau sonore.
SENSORIEL
- Odeur de cire chaude + humidité venant des fenêtres.
- Le cuir du fauteuil a un craquement sec à chaque mouvement.
- L’air semble plus dense, presque étouffant.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Le temps qui s’étire
CAM C – 18 mm – plan large
Garamond est assis à son bureau, immobile, le dos légèrement voûté.
La pile de courriers urgents trône devant lui, négligée.
Ambiance émotionnelle : la pièce paraît plus grande, vide, écrasée par l’attente.
PLAN 2 — Les dossiers ignorés
CAM A – 35 mm – travelling latéral
Sur la gauche du cadre :
deux parapheurs non signés.
Annotations rouges : “URGENT”, “SIGNATURE AUJOURD’HUI”.
Garamond passe devant, sans même les toucher.
PLAN 3 — Gros plan psychologique
CAM B – 90 mm – focus sur le regard
Les yeux de Garamond sont cernés, fixés sur le téléphone posé à sa droite.
Il ne cligne presque plus.
Son intérieur : une tension sèche, un fil tendu prêt à casser.
PLAN 4 — Flash du message vocal
CAM A – 35 mm – très léger dolly avant
Sur le téléphone :
écran figé sur “MESSAGE VOCAL – Jean de Champagne – 29 sec”.
La lumière de l’écran bleuit ses traits.
Ressenti : un compte à rebours invisible.
PLAN 5 — Parquet qui craque
CAM C – 18 mm – plongée douce
Garamond se lève.
Le bois ancien proteste sous son poids : kRRRK.
Il traverse la pièce en trois pas tendus.
Lumière : le halo de la lampe de bureau étire son ombre contre les murs.
PLAN 6 — L’héritage maudit
CAM B – 90 mm – gros plan
Alors qu’il marche, voix off intérieure (très discrète, chuchotée) :
VOIX OFF — le père, grave et lointaine
« Surveille l’affaire Martin comme le lait sur le feu, Benoît.
Il y a des secrets qui pèsent plus lourd que des immeubles. »
Émotion : frisson, angoisse héritée.
PLAN 7 — Retour au téléphone
CAM A – 35 mm – travelling arrière
Il revient lentement vers son bureau.
S’arrête net devant l’appareil.
Sa main hésite au-dessus, sans toucher.
Ambiance : comme un démineur devant un fil rouge.
PLAN 8 — Dix-huit mois d’échec
CAM B – 90 mm – macro sur les lèvres
Garamond murmure :
« Dix-huit mois… et rien… »
La tension se lit dans la crispation de sa mâchoire.
PLAN 9 — Le fantôme
CAM C – 18 mm – focus sur le dossier Martin
Le dossier repose sur le bureau, immobile, mais la caméra l’aborde comme un être vivant.
Ombres mouvantes de la pluie à travers la vitre.
Sensation : ce dossier regarde Garamond.
PLAN 10 — Fin de scène
CAM A – 35 mm – plan serré sur le visage
Un déclic intérieur se produit.
Il inspire profondément.
GARAMOND (à voix basse)
« Cette fois… il va parler. »
Il s’assied.
Se fige.
La sonnerie du téléphone retentit brusquement.
CUT TO BLACK.
Soudain, la sonnerie du téléphone déchira l’atmosphère ouatée. Garamond se jeta presque sur le combiné, manquant de renverser sa lampe de bureau. Il ne laissa pas le temps à sa secrétaire d’annoncer l’appelant.
— Maître Garamond ?
— Oui ! aboya-t-il presque, avant de reprendre une contenance. Je vous écoute.
— Bonjour, Maître. Ici Jean de Champagne.
Le notaire expira longuement, ses épaules s’affaissant de soulagement. C’était la voix qu’il espérait. Le généalogiste successoral, sa dernière carte, son ultime atout dans cette partie de poker menteur contre le passé.
- Comme convenu, reprit la voix nasillarde et posée du généalogiste, je vous recontacte pour faire le point sur mes recherches de l’héritier de feu Marcel Martin.
SCÈNE 3
“L’Appel”
Lieu : Bureau de Maître Garamond
Temps : Quelques secondes après la scène 2
Durée à l’écran : 1 min – 1 min 20
Tonalité : montée dramatique, libération nerveuse, début du virage narratif.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 32 mm : plans en mouvement, tension.
- CAM B — Sony FX6, objectif 85 mm : gros plans viscéraux.
- CAM C — Blackmagic 6K, objectif 24 mm : plans d’ensemble, atmosphère.
LUMIÈRE
- Le bureau semble plus sombre qu’avant : la pluie s’intensifie.
- Reflets mouvants sur les vitres → effet instable, presque oppressant.
- La lampe de bureau projette une lumière dorée tremblotante (comme affectée par le geste brusque du notaire).
- Ombre marquée des objets, ambiance thriller feutré.
SNS
- Sonnerie du téléphone : stridente, coupant net le tic-tac de l’horloge.
- Faible raclement de la chaise sous la précipitation du notaire.
- Respiration haletante de Garamond.
- Pluie renforcée, comme un rideau sonore.
SENSORIEL
- Odeur d’ozone et d’humidité venant de la fenêtre entrouverte.
- Chaud-froid entre la lampe halogène et l’air extérieur humide.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — L’explosion sonore
CAM C – 24 mm – plan large soudain
La sonnerie tranche l’air comme une lame.
Garamond sursaute, son corps se redresse d’un coup.
Ambiance : rupture nette avec la scène précédente.
PLAN 2 — La précipitation
CAM A – 32 mm – travelling rapide avant
Le notaire bondit vers le téléphone, son coude accrochant presque la base de la lampe.
La lumière oscille, créant un instant de chaos visuel.
Rythme : vif, nerveux, presque animal.
PLAN 3 — Le combiné saisi
CAM B – 85 mm – gros plan mains
Ses doigts tremblent légèrement en attrapant le combiné.
On voit la sueur au creux de la paume.
Il décroche avant même la première tonalité complète.
PLAN 4 — L’aboiement involontaire
CAM B – 85 mm – plan serré sur le visage
— « Oui ! »
Le ton est abrupt, brutal, presque agressif.
Il s’entend, se reprend immédiatement.
Déglutit.
Les épaules se détendent légèrement.
PLAN 5 — L’identité révélée
CAM A – 32 mm – léger travelling circulaire
Voix du téléphone, nasillarde, mesurée :
« Bonjour, Maître. Ici Jean de Champagne. »
Le visage de Garamond change instantanément.
Son souffle se libère, long, profond.
Le poids sur sa poitrine se relâche.
PLAN 6 — Le soulagement visible
CAM B – 85 mm – très gros plan
Ses épaules s’affaissent.
Ses paupières se ferment un bref instant.
On voit l’émotion pure :
du soulagement… mais aussi de la crainte.
PLAN 7 — Le généalogiste poursuit
CAM A – 32 mm – champ/contrechamp
Garamond fixe un point dans le vide
→ il écoute religieusement.
Au téléphone, clair, méthodique :
« Comme convenu, je vous recontacte pour faire le point
sur mes recherches de l’héritier de feu Marcel Martin. »
PLAN 8 — L’ombre de l’affaire Martin
CAM C – 24 mm – focus sur le dossier “MARTIN”
La caméra glisse du visage de Garamond vers le dossier posé sur le bureau.
La lumière de la lampe le découpe comme une île au milieu de l’ombre.
Ressenti :
Ce dossier est l’interlocuteur invisible entre eux deux.
PLAN 9 — Fin de scène (pré-transition)
CAM B – 85 mm – plan fixe
Garamond resserre sa prise sur le combiné.
Le rythme de sa respiration change.
Puis :
« Je vous écoute, Monsieur de Champagne… allez-y. »
Un silence lourd.
La pluie frappe fort aux vitres.
CUT.
Garamond se rassit lourdement, le cœur battant la chamade. Il avait l’impression de jouer l’un des moments les plus cruciaux de sa carrière.
— Ne me faites pas languir, de Champagne. Qu’avez-vous trouvé ?
Un silence de quelques secondes, insoutenable, flotta sur la ligne.
— Cela n’a pas été facile, Maître. J’ai dû remonter des filiations que l’on avait volontairement cherché à effacer. Mais j’ai retrouvé la petite-fille de Marcel Martin.
Garamond ferma les yeux un instant. Enfin.
SCÈNE 4
“La Révélation”
Lieu : Bureau de Maître Garamond
Temps : Immédiatement après la fin de la scène 3
Durée à l’écran : 1 min – 1 min 20
Tonalité : révélation, tension intérieure maximale, poids des secrets de famille.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 35 mm : plans principaux, mouvements fluides.
- CAM B — Sony FX6, objectif 100 mm : gros plans émotionnels, détails du visage, tremblements.
- CAM C — Blackmagic 6K, objectif 24 mm : ambiance, plans d’ensemble chargés d’importance.
LUMIÈRE
- Lumière extérieure encore plus sombre : nuages lourds, pluie drue.
- Le bureau n’est éclairé pratiquement que par la lampe de travail.
- Ombres profondes sous les yeux de Garamond → accentuant la tension.
- L’ambiance évoque une confession ou une révélation interdite.
SONS
- Horloge comtoise : plus lente, presque sourde → tic… tac… tic… tac…
- Souffle nerveux du notaire.
- Petits craquements du fauteuil lorsqu’il s’assoit brusquement.
- Ligne téléphonique légèrement grésillante, ajoutant un frisson d’inconnu.
- Pluie plus forte, impact réguliers sur les vitres.
SENSORIEL
- Odeur de papier humide, cire chaude, vieille encre.
- L’atmosphère est chargée, presque étouffante.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Le retour brutal au siège
CAM A – 35 mm – travelling arrière
Garamond se laisse tomber sur son fauteuil.
Le cuir grince violemment sous le choc — krrrk.
Il passe une main sur sa poitrine, dissimulant la montée de son pouls.
Atmosphère : un homme acculé, prêt à encaisser un coup.
PLAN 2 — Le cœur battant
CAM B – 100 mm – très gros plan
On voit sa gorge se contracter à chaque respiration.
Ses doigts crispés serrent le combiné.
Son : léger tremblement dans l’air, vibration sourde du téléphone.
PLAN 3 — La phrase d’ouverture
CAM A – 35 mm – champ serré
— « Ne me faites pas languir, de Champagne. Qu’avez-vous trouvé ? »
La voix est ferme, mais un tressaillement la trahit.
PLAN 4 — Le silence qui tue
CAM C – 24 mm – plan large immobile
Le bureau est silencieux.
Seul le tic… tac emplit l’espace.
Ambiance sonore :
Le silence téléphonique dure une seconde de trop — lourde, glaciale.
On coupe volontairement tout bruit extérieur :
→ moment suspendu.
PLAN 5 — La voix du généalogiste
CAM A – 35 mm – travelling avant lent
La voix nasillarde et posée de Jean de Champagne réapparaît,
faible souffle dans le combiné.
« Cela n’a pas été facile, Maître.
J’ai dû remonter des filiations que l’on avait volontairement cherché à effacer… »
Garamond avale sa salive.
La caméra avance jusqu’à son regard.
PLAN 6 — Détail du combiné
CAM B – 100 mm – macro
Le pouce du notaire blanchit sur le plastique du téléphone.
La main tremble légèrement.
PLAN 7 — L’annonce
CAM A – 35 mm – mouvement lent, resserré
« … Mais j’ai retrouvé la petite-fille
de Marcel Martin. »
Silence soudain dans la pièce.
La phrase semble résonner dans le vide.
PLAN 8 — Impact émotionnel
CAM B – 100 mm – très gros plan visage
Garamond ferme les yeux.
Ses traits se relâchent comme si un poids de dix kilos glissait de ses épaules.
Ressenti :
Un mélange d’immense soulagement…
et d’une inquiétude nouvelle.
PLAN 9 — Le bureau comme un sanctuaire
CAM C – 24 mm – plan large
Le notaire, minuscule dans l’immense pièce,
téléphone collé contre son oreille,
plongé dans la pénombre chaude de sa lampe.
Le dossier “MARTIN” trône toujours au centre du bureau,
dans son halo doré — plus menaçant que jamais.
PLAN 10 — Fin de scène
CAM A – 35 mm – plan rapproché
Garamond souffle :
« Enfin… »
La caméra reste fixe.
Bruissement de pluie.
Puis la voix du généalogiste reprend, prête à dérouler la suite.
CUT.
— Vous êtes sûr de vous ?
— Absolument. Vous allez pouvoir boucler ce dossier. Je dois la contacter prochainement pour lui annoncer sa qualité d’unique héritière et lui faire signer le contrat de révélation.
Le notaire posa sa main à plat sur la chemise cartonnée du dossier Martin, comme pour en apaiser les remous. Il tenait enfin le bout du fil. Grâce à ce limier des temps modernes, il avait localisé celle que son propre père, Maître Garamond senior, avait passée des décennies à ignorer sciemment, conformément aux volontés obscures du testateur. Il avait fallu l’échec d’une agence de détectives privés, tous anciens flics pourtant rompus aux enquêtes difficiles. Pour que Garamond finisse par se tourner vers la science de la généalogie.
— C’est une nouvelle inespérée, souffla le notaire. Où est-elle ?
— Elle vit recluse, comme beaucoup de monde en ce moment, mais j’ai une adresse fiable. Elle ignore tout, évidemment.
— Tout ?
— Tout ce qui la lie au défunt, et probablement jusqu’aux détails de sa prime jeunesse, précisa le généalogiste. Je procèderai avec tact, soyez en sûr. Il faudra la préparer avant qu’elle ne vienne vous voir pour les révélations officielles.
Garamond jeta un œil au portrait de son père accroché au mur, sévère dans sa robe noire.
— En effet, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour son interlocuteur. Il y a eu des… arrangements, par le passé. Des silences achetés ou imposés entre Monsieur Martin et mon père. Je veux que cette succession se règle vite et proprement. Je veux refermer ce caveau de papier.
— Je vous tiendrai informé dès la première rencontre effectuée. Je vous transmettrai le mandat dès signature pour que vous preniez le relais.
— Merci, Monsieur de Champagne. Vous ne savez pas le poids que vous m’enlevez. Faites vite. Bonne journée.
Il raccrocha doucement. Dans le silence revenu de l’étude, le dossier Martin semblait soudain moins épais, mais le mystère qu’il renfermait n’en était que plus vibrant.
SCÈNE 5
“Le Caveau de Papier”
Lieu : Bureau de Maître Garamond
Temps : Continu — juste après la scène 4
Durée à l’écran : 1 min 20 – 1 min 40
Tonalité : révélations feutrées, crise intérieure, secrets anciens.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 40 mm : plans de maîtrise, mouvements élégants et lourds de sens.
- CAM B — Sony FX6, objectif 105 mm : gros plans d’émotion, textures, tremblements.
- CAM C — Blackmagic 6K Pro, objectif 20 mm : ambiance lourde, plans d’ensemble symboliques.
LUMIÈRE
- La pluie assombrit encore l’extérieur : la pièce devient presque sépulcrale.
- Lampe de bureau chaude, cercle doré très contrasté
→ crée un effet clair-obscur de confession. - Ombres profondes derrière le portrait du père, le rendant menaçant.
SONS
- Tic—tac de l’horloge : plus lent, grave, presque organique.
- Grésillement léger du combiné téléphonique.
- Pluie lourde contre les vitres.
- Respiration contrôlée mais tremblante du notaire.
SENSORIEL
- Odeur de vieux cuir et de poussière humide.
- Le papier du dossier semble absorber la tension de la pièce.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Confirmation
CAM B – 105 mm – très gros plan sur les lèvres et la mâchoire
— « Vous êtes sûr de vous ? »
La voix n’est plus ferme : elle est inquiète.
Au téléphone, réponse nette :
« Absolument. Vous allez pouvoir boucler ce dossier. »
Garamond réprime un frisson.
PLAN 2 — La main sur le dossier
CAM A – 40 mm – travelling latéral lent
Le notaire pose la main sur la chemise cartonnée comme on pose une main sur un animal dangereux pour le calmer.
La texture du carton, usée, fibreuse, contraste avec sa paume moite.
PLAN 3 — Le dossier “maudit”
CAM C – 20 mm – plan large
On voit l’ensemble du bureau :
stylo encore ouvert, papiers en désordre, lampe vacillante,
et au centre, le dossier Martin, tel un cairn posé sur un champ de bataille administratif.
Ambiance émotionnelle : un fardeau ancestral enfin déterré.
PLAN 4 — De Champagne détaille
CAM A – 40 mm – travelling avant
— « J’ai dû remonter des filiations qu’on avait volontairement cherché à effacer…
mais j’ai retrouvé la petite-fille de Marcel Martin. »
Garamond ferme les yeux un instant.
Soupir silencieux. Soulagement brûlant.
PLAN 5 — L’adresse retrouvée
CAM B – 105 mm – gros plan visage
— « Où est-elle ? »
Sa voix a perdu toute autorité : c’est une supplique.
— « Recluse, comme beaucoup en ce moment… mais j’ai une adresse fiable.
Elle ignore tout. Évidemment. »
Jeu d’acteur :
Le regard de Garamond vacille — inquiétude réelle.
PLAN 6 — Le mot qui frappe
CAM A – 40 mm – plan rapproché
— « Tout ? »
— « Tout ce qui la lie au défunt,
et probablement jusqu’aux détails de sa prime jeunesse.
Je procèderai avec tact. »
La pièce semble se resserrer autour du notaire.
PLAN 7 — Le portrait du père
CAM C – 20 mm – plongée vers le cadre au mur
Le visage de Maître Garamond senior domine la pièce, sévère, robe noire impeccable.
Lumière :
une ombre traverse le portrait, donnant l’impression qu’il observe la scène.
PLAN 8 — Confession involontaire
CAM A – 40 mm – gros plan
Garamond murmure pour lui-même, presque honteusement :
« Il y a eu des… arrangements, par le passé.
Des silences achetés ou imposés.
Je veux que cette succession se règle vite et proprement.
Je veux refermer ce caveau de papier. »
Crochet émotionnel :
Sa voix tremble à peine — signe d’une vieille culpabilité transmise.
PLAN 9 — Accord final
CAM B – 105 mm – très gros plan sur les yeux
— « Je vous transmettrai le mandat dès signature. »
— « Merci, Monsieur de Champagne… Vous ne savez pas le poids que vous m’enlevez.
Faites vite. Bonne journée. »
Il raccroche très lentement.
PLAN 10 — Silence abyssal
CAM C – 20 mm – plan large immobile
L’étude retrouve son silence épais.
Le tic… tac reprend.
La pluie, dehors, est un rideau sombre.
Le dossier Martin semble moins épais,
mais l’aura de mystère autour de lui est plus vive, presque vibrante.
La caméra s’avance doucement… doucement…
CUT TO BLACK.
Chapitre 2
Janvier 2028. Paris était une ville en état de veille prolongée, drapée dans une mousseline grise de confinement. Les murs de l’appartement, idéalement situé près du Jardin du Luxembourg, n’étaient plus une protection mais des cloisons opprimantes, résonnant du murmure constant des chaînes d’information qui distillaient la même litanie de chiffres implacables.
Dominique et Valérie, unis depuis le coup de foudre de la Sorbonne en 1990, avaient bâti leur amour sur un équilibre parfait : lui, l’architecte du code, rigoureux et maître de la logique ; elle, l’artiste intuitive, reine de l’esthétique. Leur collaboration professionnelle, dynamique et réussie, avait été leur refuge, le grand projet qui avait comblé le vide abyssal laissé par l’absence d’enfants. Mais cet espace de travail autrefois vibrant, où les débats familiers se mêlaient aux éclairs de génie créatif, était devenu, au fil des mois, un tombeau de silence alourdi par le ronronnement incessant de deux ordinateurs épuisés.
SCÈNE 6
“Janvier 2028”
“Le Tombeau Numérique”
Lieu : Appartement de Dominique & Valérie – Paris 6ᵉ
Temps : Janvier 2028 – matin gris, confiné
Durée à l’écran : 1 min 30 – 2 min
Tonalité : suffocation douce, usure morale, amour fatigué mais solide.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 28 mm : plans d’ambiance larges, atmosphère confinée.
- CAM B — Sony FX6, objectif 50 mm : intimité du couple, détails du quotidien.
- CAM C — Blackmagic 6K, objectif 100 mm : gros plans émotionnels, textures mentales.
LUMIÈRE
- Lumière naturelle très faible pénétrant par les grandes fenêtres, filtrée par la grisaille => ambiance bleu-gris.
- Lampes d’appoint chaudes mais faibles → effet de fatigue, de vie en veille.
- Contraste doux mais déprimant, tons délavés.
- Les écrans d’ordinateur projettent une lumière blafarde sur leurs visages.
SONS
- Ronronnement continu des tours PC → un basse fréquence anxiogène.
- Télévision en fond sonore : voix journalistiques monocordes, chiffres, mots répétés (“taux d’incidence”, “propagation”, “urgence”…).
- Sirènes lointaines, régulières.
- Parquets qui craquent (vieux immeuble parisien).
SENSORIEL
- Odeur de café froid, de plastique tiède (ordinateurs), de livres anciens.
- Atmosphère intérieure légèrement trop chaude, stagnante.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Paris sous cloche
CAM A – 28 mm – plan extérieur depuis la fenêtre
Vue sur rue déserte, couleurs fanées, pluie fine.
La grisaille semble coller aux vitres.
Effet voulu : Paris n’est plus une capitale ; c’est un aquarium triste.
PLAN 2 — L’appartement en apnée
CAM C – 100 mm – travelling lent dans le couloir
Couloir sombre → entrée → salon/bureau partagé.
On voit :
- piles de dossiers,
- mugs de café abandonnés,
- écrans saturés de lignes de code, prototypes, visuels.
Ambiance : traces d’une vie qui se bat, mais s’étiole.
PLAN 3 — Le couple côte à côte
CAM B – 50 mm – plan moyen
Dominique & Valérie travaillent côte à côte sans se parler.
Leurs épaules se touchent à peine.
Le silence est épais, presque visible.
Lumière : reflet bleu des écrans sur leurs visages.
PLAN 4 — Définition des personnalités
CAM B – 50 mm – champ/contrechamp
- Dominique : posture droite, geste précis sur son clavier, regard concentré → le technicien.
- Valérie : mouvements plus ondulés, mains qui dessinent, qui effacent, qui recommencent → l’artiste.
Montage parallèle : leurs deux univers qui se complètent… mais s’asphyxient ici.
PLAN 5 — Le ronronnement des machines
CAM C – 100 mm – macro
Gros plan sur les ventilateurs d’ordinateur tournant sans relâche.
Zoom très lent.
Son : whhhhmmmmmm — saturant la pièce.
Ressenti : la machine respire plus que le couple.
PLAN 6 — L’oppression
CAM A – 28 mm – plan large
On voit la pièce entière.
Les murs semblent se rapprocher subtilement (léger zoom discret en post-prod).
Les fenêtres sont condensées → enfermement physique.
Valérie, épuisée, porte machinalement la main à sa tempe.
PLAN 7 — La télévision en boucle
CAM B – 50 mm – gros plan télé
Journaliste (hors champ), monotone :
« … 1 927 hospitalisations… le taux ne cesse d’augmenter… prolongation du confinement… »
L’image est légèrement surexposée, volontairement agressive.
PLAN 8 — Le couple, deux îlots
CAM A – 28 mm – travelling latéral
On traverse le bureau partagé :
Dominique → sérieux, rigoureux.
Valérie → lasse, les yeux qui se perdent dans le vague.
Ils sont ensemble, mais la caméra montre subtilement qu’ils glissent chacun dans leur bulle intérieure.
PLAN 9 — Le bureau devenu tombeau
CAM C – 100 mm – plan serré
Leurs deux ordinateurs côte à côte, écrans vibrants.
Zoom lent sur le reflet de leurs visages fatigués dans les vitres des moniteurs.
Texte narratif en voix off possible :
« Ce lieu jadis vibrant… était devenu un tombeau de silence alourdi par le ronronnement incessant de deux machines épuisées. »
PLAN 10 — Fin de scène
CAM B – 50 mm – plan rapproché sur Valérie
Elle ferme les yeux.
Inspire lentement.
Comme si elle tentait de s’extraire d’un étau invisible.
Dominique la regarde du coin de l’œil, inquiet mais discret.
La caméra recule, les laissant enfermés dans cette cage lumineuse.
CUT.
Chaque journée imitait la précédente. La lumière du jour, chiche et filtrée par des vitres rarement ouvertes, peinait à traverser l’atmosphère. Seuls l’écho distant des sirènes et le bruit sourd et régulier des hélicoptères, métronome lugubre des urgences absolues, rappelaient l’existence d’un monde extérieur désormais inaccessible. L’usure était là, non pas physique, mais insidieuse, une rouille psychique qui s’accumulait sur les rouages de leur complicité. Les promenades tardives sur les quais, les dîners impromptus, la joyeuse cacophonie de leur vie passée n’étaient plus que des souvenirs effilochés.
Leurs contrats de consulting, jadis source de fierté, se figeaient comme l’économie tout entière. Le marché, autrefois leur terrain de jeu, s’éteignait sous leurs yeux. Assis côte à côte, ils se perdaient dans des pensées sombres, un silence étrange et inhabituel s’étendant entre eux comme une nappe d’huile menaçant de briser la surface de leur relation.
SCÈNE 7
“Rouille intérieure”
Lieu : Appartement de Dominique & Valérie
Temps : Janvier 2028 – fin de matinée
Durée à l’écran : 1 min 15 – 1 min 30
Tonalité : lente érosion, mélancolie confinée, fragilité psychique.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 35 mm : plans narratifs, transitions, ambiance.
- CAM B — Sony FX6, objectif 85 mm : portraits, émotions subtiles, regards absents.
- CAM C — Blackmagic 6K, objectif 24 mm : plans larges d’enfermement.
LUMIÈRE
- Lumière naturelle froide, diffusée par la grisaille extérieure.
- Vitres fermées → lumière émoussée, dépressive.
- Noirs doux mais omniprésents.
- Couleurs : gris, bleu, beige éteint.
- La lumière semble lourde, fatiguée, comme si elle peinait à entrer.
SONS
- Sirènes lointaines, de manière répétée.
- Hélicoptères réguliers, bruit grave et pulsé → voum… voum… voum…
- Silence intérieur épais, presque collant.
- Respirations discrètes du couple.
- Un radiateur qui claque par intermittence.
SENSORIEL
- Odeur de pièces fermées depuis longtemps : mélange de café froid, d’électronique tiède, de linge propre qui ne sèche jamais vraiment.
- Sensation d’air stagnant.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Une journée sans contours
CAM C – 24 mm – plan large
Le salon/bureau est baigné dans une lumière grise, monotone.
Dominique et Valérie sont assis à leur place habituelle, presque immobiles.
La caméra reste à distance → comme un observateur invisible.
PLAN 2 — La lumière impuissante
CAM A – 35 mm – travelling lent vers la fenêtre
La vitre est couverte de condensation.
La lumière extérieure tente d’entrer mais échoue, absorbée par l’air terne.
Ambiance émotionnelle :
Un monde extérieur inaccessible, brouillé.
PLAN 3 — Hélicoptère
CAM A – 35 mm – contre-plongée légère
On voit à travers la vitre floue, un hélicoptère passer.
Le son est étouffé mais profond.
Sens symbolique :
Chaque passage est un rappel de la crise, un battement sombre du monde.
PLAN 4 — Le couple côte à côte
CAM B – 85 mm – plans rapprochés successifs
Dominique, puis Valérie.
Les deux regardent leurs écrans mais ne lisent plus rien vraiment.
Leur regard est fixe, lointain, flou.
Shallow depth of field →
Le monde autour d’eux se dissout dans le flou artistique.
PLAN 5 — La rouille psychique
CAM C – 24 mm – zoom lent
Leur silence s’épaissit.
Un espace invisible se crée entre eux, comme une nappe sombre.
Valérie se mord la lèvre.
Dominique pince le haut de son nez pour soulager une tension qui ne s’arrête jamais.
PLAN 6 — Souvenirs effilochés
CAM A – 35 mm – travelling latéral
Des photos aimantées sur le frigo :
- un dîner entre amis
- un selfie sur les quais
- une plage
- un anniversaire
Mais la lumière grise les rend presque sépia, comme des images d’une autre vie.
PLAN 7 — Le marché s’éteint
CAM B – 85 mm – gros plan sur l’écran de Dominique
Graphiques en baisse, courbes rouges.
Le symbole d’un marché figé.
On voit son reflet dans l’écran → visage fatigué, vide.
PLAN 8 — Silence menaçant
CAM A – 35 mm – plan fixe
Dominique et Valérie, de profil, l’un à côté de l’autre.
Tous deux immobiles.
Aucun mot.
Un énorme silence entre eux.
Un silence qui n’est plus confortable.
Un silence qui glisse comme une ombre.
PLAN 9 — L’éloignement imperceptible
CAM C – 24 mm – travelling arrière
La caméra s’éloigne lentement d’eux.
Très lentement.
Ils ressemblent à deux personnages enfermés dans une boîte de verre.
Le ronronnement continu des ordinateurs devient oppressant.
PLAN 10 — Fin de scène
CAM B – 85 mm – gros plan sur Valérie
Son regard vacille.
Elle cligne lentement des yeux.
Une question sourde semble émerger…
Mais elle ne dit rien.
Dominique tourne légèrement la tête vers elle.
Mais lui aussi reste silencieux.
CUT.
Au début du mois de mai, l’idée de fuir devint une urgence vitale. Le véritable ennemi, comprirent-ils, n’était pas le virus, mais la monotonie qui dissolvait leur âme. Ils devaient réécrire leur avenir. Leurs tempéraments s’affrontèrent dans l’euphorie de l’évasion. Valérie, l’impétueuse, rêvait de néo-ruralité, de potager, de se sentir libre sous un ciel immense. Dominique, le pragmatique, brandissait la structure financière, l’obligation de ne pas brûler leurs ponts. De ce choc naquit un projet commun, une chimère tangible : s’installer en province, dans un grand air, un lieu isolé où les confinements à venir seraient moins une claustration.
Leur situation financière était leur ancre. Aucun prêt, des liquidités patiemment accumulées, un portefeuille de placements sains. C’était leur seule force dans ce chaos économique. Ils n’étaient pas opulents, mais solidement ancrés dans la « moyenne française » qui pouvait encore rêver. Rêver d’un climat : du soleil, du soleil, et encore du soleil. Valérie, nordiste, exigeait la lumière du Sud. Dominique, plus calculateur, y voyait la seule échappatoire viable aux hivers oppressants.
SCÈNE 8
“L’Ébauche d’une Fuite”
Lieu : Appartement de Dominique & Valérie – salon/bureau
Temps : Début mai 2028 – fin de journée
Durée à l’écran : 1 min 45 – 2 min
Tonalité : libération contenue, confrontation douce mais profonde, souffle d’espoir.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 32 mm : plans mouvants, respirations de la scène.
- CAM B — Sony FX6, objectif 50 mm : tension entre les deux personnages dans les échanges.
- CAM C — Blackmagic 6K, objectif 105 mm : gros plans d’émotion, regards, éclats.
LUMIÈRE
- Lumière naturelle de début de soirée filtrant faiblement.
- On réintroduit un peu de couleurs chaudes : orange doux, doré affaibli.
- Symboliquement : la première brèche dans la grisaille.
- Mais intérieur encore chargé d’ombres : la tension demeure.
SONS
- Sirènes moins nombreuses → le monde commence à respirer… un peu.
- Hélicoptères plus espacés.
- Mais un fond sonore continu de chaînes d’info (faible).
- Bruit léger de clavier, de pages qu’on tourne nerveusement.
- Longs.
SENSORIEL
- Odeur de café réchauffé plusieurs fois.
- Atmosphère tiède, lourde, légèrement poussiéreuse : la fin d’un long enfermement.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — L’urgence intérieure
CAM C – 105 mm – gros plan sur Valérie
Elle ferme son ordinateur d’un geste sec.
Son regard file vers la fenêtre, mais pas vraiment vers l’extérieur : vers un ailleurs mental.
Un murmure :
« On ne peut plus continuer comme ça. »
PLAN 2 — Dominique réagit
CAM B – 50 mm – plan rapproché
Dominique lève la tête de son écran.
Il comprend immédiatement : elle parle du mode de vie, pas du travail.
Il pose ses lunettes.
C’est un geste grave chez lui.
PLAN 3 — L’idée éclot
CAM A – 32 mm – travelling doux autour du couple
— VALÉRIE (à demi-voix)
« Le vrai ennemi, ce n’est pas le virus…
c’est ça… »
Elle désigne l’appartement, la grisaille, la routine.
— DOMINIQUE
« Je sais. »
Cette simple phrase :
la première capitulation de Dominique.
La première brèche.
PLAN 4 — Deux tempéraments, deux visions
CAM B – 50 mm – champ/contrechamp
Le dialogue s’intensifie, non pas en colère, mais en ardeur :
— VALÉRIE
« Je veux un potager. Je veux du vent chaud, des nuits d’été, du silence qui ne ressemble pas à un hôpital. Je veux respirer. »
Elle parle avec les mains, le corps, la poitrine qui s’ouvre.
— DOMINIQUE
« Et lorsqu’on devra relancer les contrats ? On ne peut pas se déconnecter du monde. Il faut une stratégie, un plan. »
Il parle avec les sourcils, les mâchoires, la prudence.
PLAN 5 — La collision fertile
CAM A – 32 mm – travelling lent avant
La caméra se rapproche.
Leurs voix se chevauchent légèrement, mais sans agressivité.
C’est la friction qui crée l’étincelle.
Ils se complètent autant qu’ils s’opposent.
PLAN 6 — La chimère devient projet
CAM C – 105 mm – gros plan sur leurs mains
Sans s’en rendre compte, leurs mains se rejoignent.
Doigts qui s’entrelacent.
C’est là que le projet commun se cristallise.
— DOMINIQUE
« En province… loin du bruit… mais avec une connexion solide…
et du soleil. »
— VALÉRIE
(sourit)
« Du soleil, oui. Beaucoup. »
PLAN 7 — L’ancre financière
CAM B – 50 mm – plan rapproché
Dominique fait défiler des tableurs sur son écran.
— DOMINIQUE
« On a les liquidités.
Pas de prêt.
Des placements sûrs.
On peut… envisager. »
— VALÉRIE
« Alors faisons-le. Avant qu’il ne reste plus rien de nous. »
Leur échange est nu, pur, essentiel.
PLAN 8 — La carte mentale du Sud
CAM A – 32 mm – plan large
Valérie pointe la France du bout du doigt sur une carte affichée sur l’écran.
Elle glisse vers le Sud.
Puis vers le Sud encore.
Puis vers le très Sud.
— VALÉRIE
« Là.
Je veux la lumière. »
Dominique la regarde.
Il hoche la tête.
C’est un oui.
PLAN 9 — Respiration nouvelle
CAM C – 105 mm – zoom lent sur le couple
Pour la première fois depuis des semaines :
ils respirent ensemble.
Le même rythme.
Le poids du confinement commence à se fissurer.
PLAN 10 — Fin de scène
CAM A – 32 mm – plan large
La lumière du soir frappe la pièce d’un léger reflet doré.
C’est faible, mais réel.
Valérie se tourne vers Dominique :
— « On réécrit notre histoire ? »
Dominique répond, un demi-sourire :
— « On réécrit tout. »
CUT.
La Méditerranée s’imposa. Trop loin de leurs familles pour l’Espagne ou la Toscane, la Provence, avec ses champs de lavande et ses promesses de douceur de vivre, devint leur obsession. Le week-end, les déplacements étant interdits, ils se lancèrent dans un pèlerinage numérique sur les sites immobiliers. Les photos de mas en pierres sèches et de bastides provençales devinrent leur seul horizon. Leurs critères étaient clairs : grand terrain pour l’isolement, intérieur lumineux pour le travail à distance.
SCÈNE 9
“Le Sud comme obsession”
Lieu : Appartement de Dominique & Valérie – salon/bureau
Temps : Week-ends de mai 2028
Durée à l’écran : 1 min 30 – 1 min 50
Tonalité : espoir fébrile, projection obsessionnelle, désir de fuite.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 35 mm : mouvements fluides, transitions entre écrans.
- CAM B — Sony FX6, objectif 50 mm : dialogues et réactions du couple.
- CAM C — Blackmagic 6K, objectif 80 mm : gros plans sur les photos d’annonces, les yeux, l’émotion.
LUMIÈRE
- Lumière de début d’après-midi derrière les vitres : grise mais légèrement plus vive qu’en début d’année.
- Les écrans LED apportent des éclats lumineux → symboles d’espoir digital.
- Ambiance intérieure encore confinée, mais moins oppressante.
SONS
- Clics répétés de souris, scrolls, tapotements.
- Bruits d’annonces immobilières (lorsqu’ils regardent des vidéos).
- Télévision laissée en mode “mute” : simple présence visuelle.
- Vent léger contre les vitres : oracle d’un avenir possible.
SENSORIEL
- Odeur de thé infusé trop longtemps.
- Douceur des plaids, tissus usés du canapé.
- L’écran chauffe légèrement : sensation de focalisation obsessive.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Le Sud s’impose
CAM A – 35 mm – travelling lent sur l’écran d’ordinateur
On voit défiler des photos :
la Méditerranée, des collines ocre, des villages perchés.
Valérie murmure, presque hypnotisée :
« La Provence… c’est là qu’on respire. »
Dominique hoche la tête.
C’est une évidence.
PLAN 2 — Rejet du lointain
CAM B – 50 mm – plan rapproché couple
— DOMINIQUE
« L’Espagne, c’est trop loin. »
— VALÉRIE
« L’Italie aussi… et puis, la Provence, tu sens… ça nous correspond. »
Leurs regards brillaient d’un embryon de rêve.
PLAN 3 — Le pèlerinage numérique
CAM C – 80 mm – gros plan sur la souris & l’écran
Clic.
Scroll.
Clic.
Scroll.
Défilement hypnotique d’annonces :
- mas en pierre,
- bastides,
- oliveraies,
- piscines turquoise.
Le seul horizon possible.
PLAN 4 — Critères serrés
CAM A – 35 mm – plan large du bureau
Dans un tableau ouvert sur l’ordinateur :
Critères essentiels :
• Grand terrain (isolement)
• Intérieur très lumineux
• Bureau double → travail à distance
• Accès internet stable
• Pas de voisins immédiats
Valérie marque d’un trait rouge : “LUMIÈRE”
→ symbole de son obsession.
PLAN 5 — Valérie projette
CAM B – 50 mm – plan serré sur Valérie
Elle commente chaque photo, s’emballe, rit d’un sourire qu’on n’avait plus vu depuis des mois.
La Provence la réveille.
— VALÉRIE
« Regarde ! Ça… c’est nous. On pourrait y faire un potager ici, et là mettre mon atelier… »
PLAN 6 — Dominique rationalise
CAM C – 80 mm – gros plan sur Dominique
Il calcule mentalement :
charges, distances, loyer éventuel, fibre optique.
Mais pour une fois, il n’oppose pas.
Il accompagne.
— DOMINIQUE
« Terrain 3 000 m²… orientation plein sud…
ça pourrait fonctionner. »
PLAN 7 — Le rêve numérique devient obsession
CAM A – 35 mm – travelling sur leurs écrans
Plusieurs onglets ouverts :
Leboncoin, SeLoger, Propriétés de France, des agences locales.
Ils jonglent entre les annonces comme s’ils cherchaient un trésor caché.
L’image montre leur espace mental, plus que l’espace réel.
PLAN 8 — L’accélération du désir
CAM B – 50 mm – champ/contrechamp
Leur enthousiasme est palpable.
Valérie pose doucement sa main sur la sienne :
— « On le fait, hein ? »
Dominique prend une seconde — une seule.
Puis :
— « Oui. On le fait. »
PLAN 9 — Le Sud, un aimant
CAM C – 80 mm – gros plan sur une photo
Une bastide provençale en plein soleil.
L’image se reflète dans les yeux de Valérie.
Le reflet gagne Dominique.
PLAN 10 — Fin de scène
CAM A – 35 mm – plan large
Le couple est assis côte à côte.
Lumière douce des écrans sur leurs visages.
Le monde extérieur gris n’existe plus.
Ils cliqueront encore des heures.
Des jours.
Jusqu’à ce qu’une annonce particulière apparaisse…
CUT.
Pourtant, cette quête se transforma en torture. Les prix étaient devenus une insulte. La « migration saine » des actifs lassés des grandes villes avait transformé la province en un marché délirant. Leurs simulations budgétaires, conçues avec l’optimisme des épargnants, se révélèrent obsolètes. Ils durent se résoudre à chercher des ruines, des bâtisses à restaurer, troquant le confort immédiat contre l’espace vital dont ils avaient désespérément besoin.
— Dis-moi Dominique, penses-tu que nous faisons fausse route dans notre quête de cet éden ? Valérie laissa échapper un soupir rauque de découragement, le doigt pointé sur une annonce de terrain vague à un prix indécent.
Dominique, massant sa nuque tendue, ne put masquer l’amertume.
— J’ai bien l’impression que nos critères ne correspondent pas à la réalité du marché immobilier et que nous avons construit des châteaux en Espagne.
— C’est décourageant, Domi. On dirait que la seule chose qui augmente plus vite que le nombre de cas de Covid, c’est le prix du mètre carré à la campagne.
La discussion vira au pragmatisme. Dominique, le sourire charmeur masquant une loyauté à toute épreuve, souleva la question taboue.
— Val, nous éludons l’aspect professionnel. Nos patrons ne nous laisseront pas travailler en distanciel éternellement. On ne peut pas vivre de soleil et d’amour frais jusqu’à la retraite. La sécurité de l’avenir est ma principale préoccupation.
— Tu as raison, acquiesça Valérie. Le suivi de clientèle est un frein. Et si nous achetons une ruine, il faudra des mois de travaux. Où vivrons-nous ? Comment travaillerons-nous ?
Ils conclurent qu’ils devaient transformer leur rêve en un « business plan » rigoureux. Ils remballèrent leurs cartes géographiques, fermèrent les sites, l’esprit à la fois lourd de la déception, et étrangement aiguisé par la clarté retrouvée de leurs contraintes. Le rêve était toujours là, mais il exigeait désormais un plan de bataille.
SCÈNE 10
“Le rêve sous contrainte”
Lieu : Appartement de Dominique & Valérie
Temps : Mai 2028 — fin d’après-midi confinée
Durée à l’écran : 1 min 40 – 2 min
Tonalité : amertume, lucidité, pivot stratégique.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 35 mm : plans larges symboliques, isolement, ambiance.
- CAM B — Sony FX6, objectif 50 mm : dialogues, regards déçus, interactions subtiles.
- CAM C — Blackmagic 6K Pro, objectif 85 mm : gros plans émotionnels, détails signifiants.
LUMIÈRE
- Fin de journée grise → lumière bleutée qui s’éteint progressivement.
- Les écrans sont désormais la principale source lumineuse ⇒ teinte froide, presque clinique.
- Ambiance oppressée, mais pédagogique : la lumière sert de révélateur.
SONS
- Murmure continu d’actualités (très faible).
- Clics de souris, scrolls désabusés.
- Soupirs, froissements de papier.
- Un avion de ligne lointain, symbole d’un monde inaccessible.
SENSORIEL
- Odeur de fatigue : thé froid, carton des publicités immobilières imprimées.
- Une tension sèche dans l’air, presque métallique.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — La torture numérique
CAM C – 85 mm – plan serré
Défilement d’annonces immobilières aux prix absurdes.
Chaque clic semble plus douloureux que le précédent.
Valérie murmure :
« C’est… une insulte. »
Son souffle est tremblant.
PLAN 2 — Les ruines comme seule option
CAM A – 35 mm – plan large avec les deux écrans
Ils zooment sur des mas effondrés, toits éventrés, murs fissurés.
L’espoir se tord, devient pragmatisme forcé.
Valérie commente, amère :
« Alors… il nous reste les ruines. »
La caméra recule légèrement → sensation d’éloignement de leur rêve.
PLAN 3 — Découragement
CAM B – 50 mm – gros plan sur Valérie
Le doigt pointé sur une annonce de terrain vaguement constructible.
Prix indécent.
Elle soupire, rauque :
« Dis-moi, Dominique… on fait fausse route ? »
PLAN 4 — Dominique, la lucidité douloureuse
CAM C – 85 mm – gros plan
Il masse sa nuque, grimace.
Son visage n’a plus la maîtrise du début.
— DOMINIQUE
« On a construit des châteaux en Espagne…
et le marché immobilier nous renvoie au réel. »
Il tente un sourire, mais c’est un rictus.
PLAN 5 — Dialogue acide mais juste
CAM B – 50 mm – champ/contrechamp
— VALÉRIE
« On dirait que la seule chose qui augmente plus vite que les cas de Covid…
c’est le prix du mètre carré à la campagne. »
Dominique baisse les yeux.
Cette phrase frappe juste.
PLAN 6 — Le sujet tabou
CAM A – 35 mm – travelling très lent
Dominique, voix plus douce mais grave :
— « Val… On élude l’aspect professionnel.
On ne pourra pas travailler en distanciel éternellement.
On ne vit pas de soleil et d’amour frais jusqu’à la retraite. »
Valérie encaisse.
Un petit choc intérieur visible dans son regard.
PLAN 7 — Impact brutal de la réalité
CAM C – 85 mm – très gros plan
— VALÉRIE
« Les travaux… Où vivrait-on ? Comment travaillerait-on ? »
Elle commence enfin à réaliser l’ampleur du défi.
PLAN 8 — La bascule vers le pragmatisme
CAM B – 50 mm – plan rapproché
Ils se regardent.
Véritable connexion, lucide, à nu.
Dominique :
« Il faut un business plan. Vrai. Rigoureux.
C’est le seul moyen de rendre ce rêve possible. »
Valérie :
« Oui. On ne peut plus avancer à l’aveugle. »
PLAN 9 — Rangement symbolique
CAM A – 35 mm – plan large
Ils ferment les sites immobiliers.
Plient les grandes cartes.
Eteignent les écrans.
La pièce plonge dans un demi-silence.
Ressenti :
Ils n’abandonnent pas.
Ils passent à la stratégie.
PLAN 10 — Fin de scène
CAM C – 85 mm – focus sur leurs silhouettes
Assis côte à côte dans la pénombre.
Fatigués, mais unis.
Le rêve se contracte… pour mieux repartir plus tard.
CUT.
Un matin de septembre. Le soleil filtrait à travers les rideaux. Le téléphone du domicile, silencieux depuis des mois, lacéra le calme. Sonnerie stridente, brutale, inattendue.
Ils sursautèrent. Instinctivement, ils hésitèrent, conditionnés à ignorer tout appel non sollicité. Mais cette fois, la soif d’un événement extérieur était trop forte. Valérie prit le combiné.
— Bonjour, Mme Lemarchand ?
Elle entendit une voix d’homme, posée, légèrement nasillarde, qui sentait les boiseries anciennes et l’ancienne France bourgeoise.
— Oui… répondit Valérie, sur la défensive.
— Veuillez me pardonner de vous déranger, je suis Jean de Champagne, généalogiste successoral à Paris. J’ai été missionné par Maître Benoit Garamond afin de retrouver l’héritier d’une personne disparue.
Valérie fronça les sourcils.
— Vous avez composé un mauvais numéro ? Je suis certaine que notre famille est au complet.
— Non, madame. Les recherches de notre cabinet confirment que vous seriez l’héritière des biens de M. Marcel Martin, décédé le 9 janvier 2027 dans sa maison située aux environs de Mérindol dans le Vaucluse.
Mérindol, Vaucluse. L’écho du nom la frappa comme une décharge électrique. Une propriété. Là où ils rêvaient d’aller. Dominique la vit pâlir et enclencha l’amplificateur, captant le son irréel de la voix du généalogiste.
— M. Martin était sans descendance directe connue, continua M. de Champagne. Le lien est… indirect. C’est un travail de longue haleine. Valérie, sous le choc, parvint à peine à reprendre le contrôle.
— Que va-t-il se passer à présent ?
— Je vais vous envoyer un contrat de révélation. Il garantit notre rémunération, vingt pour cent de l’héritage, pour avoir rétabli votre droit à hériter. Une fois signé, nous nous rencontrerons pour vous livrer tous les détails du legs. Sachez que le patrimoine est conséquent, principalement cette propriété immobilière à Mérindol. Ah, et une dernière chose : je vous révélerai une information capitale sur votre passé que vous ignorez probablement. Une information qui explique le lien de parenté exact avec M. Martin. Bonne journée, madame Lemarchand.
Valérie reposa le combiné avec une lenteur extrême, les mots « Mérindol » et « vingt pour cent » vibrant dans l’air. Elle tourna son visage vers Dominique, les yeux écarquillés par l’incrédulité et l’excitation.
— Eh Val ! Dis-moi ! Qu’arrive-t-il au juste ? Qui était cet homme ? Elle prit un verre d’eau, sa voix tremblante.
- C’est… c’est complétement fou, Domi.
SCÈNE 11
“L’Appel qui fissure le destin”
Lieu : Appartement de Valérie & Dominique
Temps : Septembre 2028 — matin
Durée à l’écran : 2 min – 2 min 30
Tonalité : révélation, choc intime, impression d’irréalité, début du mystère.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, objectif 32 mm : progression narrative, atmosphère, mouvements doux.
- CAM B — Sony FX6, objectif 50 mm : gros plans sur réactions, émotions brutes.
- CAM C — Blackmagic 6K Pro, objectif 85 mm : intensité du choc, détails sensoriels, tremblements.
LUMIÈRE
- Matin ensoleillé mais doux, rayons filtrés par les rideaux → lumière dorée tamisée.
- L’ambiance contraste avec la tension de la scène : moment lumineux, nouvelle dramatique sombre.
- Rebondissements de lumière sur les verres, les objets.
SONS
- Sonnerie du téléphone stridente et déstabilisante, en rupture totale avec le silence.
- Bruit du combiné décroché.
- Voix nasillarde, légèrement réverbérée, de Jean de Champagne.
- Le silence autour du dialogue, presque vidé par la tension.
- Battements de cœur de Valérie (mix son subtil).
SENSORIEL
- Odeur du café encore chaud.
- Fraîcheur de la matinée sur la peau.
- Toucher du combiné : plastique tiède, vibrations infimes.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Le matin calme
CAM A – 32 mm – plan large
Rideaux légèrement agités par un souffle d’air.
Lumière dorée douce.
Dominique et Valérie commencent leur journée, assis chacun à leur bureau.
Ambiance paisible… juste avant la tempête.
PLAN 2 — La sonnerie déchire
CAM C – 85 mm – plan serré sur le téléphone fixe
Le téléphone sonne, strident, violent —
DRINNNG !
Un son presque oublié.
Leur réaction est immédiate : un sursaut sincère, un haut-le-cœur.
PLAN 3 — Hésitation instinctive
CAM B – 50 mm – plan rapproché
Ils échangent un regard incertain.
Habituellement, ils ignorent les appels.
Mais cette fois, quelque chose — le silence soudain, la lumière — les force à répondre.
Valérie tend la main.
PLAN 4 — Prise de combiné
CAM C – 85 mm – gros plan sur la main de Valérie
Doigts crispés.
Inspir profond.
— « Bonjour, Mme Lemarchand ? »
Voix d’homme, posée, ancienne, presque poussiéreuse.
Valérie se redresse légèrement.
Le ton la déstabilise.
PLAN 5 — Intrusion du passé
CAM B – 50 mm – plan rapproché visage Valérie
Elle répond, douce mais sur la défensive :
— « Oui… ? »
La caméra capte sa respiration haletante.
PLAN 6 — Le généalogiste se présente
CAM A – 32 mm – travelling avant
— « Je suis Jean de Champagne, généalogiste successoral… missionné par Maître Benoît Garamond. »
La mention du notaire crée une vibration dramatique.
Valérie fronce les sourcils.
Dominique lève la tête instantanément.
PLAN 7 — Désamorçage impossible
CAM B – 50 mm – champ/contrechamp
— VALÉRIE
« Vous avez composé un mauvais numéro ?
Notre famille est au complet. »
— CHAMPAGNE (off)
« Non, madame.
Nos recherches confirment que vous seriez l’héritière des biens
de M. Marcel Martin, décédé le 9 janvier 2027…
dans sa maison près de Mérindol, Vaucluse. »
PLAN 8 — L’électrochoc
CAM C – 85 mm – très gros plan
Un mot frappe Valérie comme une lame :
“Mérindol.”
Elle blêmit.
Ses pupilles se dilatent.
La caméra tremble légèrement :
subjectivité → perception bouleversée.
Dominique, inquiet, active le mode haut-parleur.
PLAN 9 — Le lien “indirect”
CAM A – 32 mm – plan moyen
Champagne poursuit, imperturbable :
— « Le lien est… indirect.
C’est un travail complexe. »
Valérie n’écoute plus vraiment.
Elle tente de rassembler ses pensées.
PLAN 10 — La question essentielle
CAM B – 50 mm – plan serré
— VALÉRIE (à peine audible)
« Que va-t-il se passer maintenant ? »
— CHAMPAGNE
« Je vais vous envoyer un contrat de révélation…
Vingt pour cent de l’héritage…
puis une rencontre pour les détails du legs. »
PLAN 11 — La bombe finale
CAM C – 85 mm – très gros plan
— « Et… une information capitale sur votre passé,
que vous ignorez probablement.
Elle explique votre lien exact avec M. Martin.
Bonne journée, madame Lemarchand. »
Silence total.
PLAN 12 — Le combiné repose
CAM A – 32 mm – plan lent
Valérie repose le combiné dans un geste mécanique,
presque ralenti.
La lumière frappe son visage :
mélange d’effroi, d’espoir, d’incrédulité.
PLAN 13 — Réaction de Dominique
CAM B – 50 mm – plan rapproché
Dominique, tendu :
— « Val ! Qu’est-ce qui se passe ? Qui était cet homme ? »
Valérie saisit un verre d’eau.
Main tremblante.
PLAN 14 — L’incompréhension sacrée
CAM C – 85 mm – gros plan sur Valérie
— « C’est… complètement fou, Domi. »
La caméra recule lentement.
Le monde semble vaciller autour d’eux.
CUT.
Une fois assise, elle raconta les détails, ceux que l’amplificateur n’avait pas captés. Dominique, qui connaissait la famille de Valérie, tomba des nues. Un oncle ? Une tante ? Impossible. L’idée d’un héritage « indirect » soulevait des gouffres de questions.
— Un Marcel Martin dans le Vaucluse… et il te laisse ses biens ? C’est une coïncidence incroyable ! Notre projet de déménagement, qui semblait si difficile, se voit offrir une solution sur un plateau d’argent ! Tu penses que ce n’est pas une arnaque ?
— Je ne sais pas. La voix était professionnelle, le notaire mentionné existe à Paris. Ça semble sérieux.
L’émotion passée, une angoisse plus sourde monta en Valérie.
— En vérité, ce qui me perturbe le plus, c’est de savoir ce que le généalogiste a voulu insinuer au sujet de ce renseignement capital sur mon passé. Qu’est-ce que je pourrais bien ignorer sur ma propre vie à cinquante-six ans pour qu’un inconnu le sache ? Ça me donne presque froid dans le dos. Il a laissé entendre que cela expliquait le lien avec M. Martin, mais cela suppose un secret de famille énorme.
Dominique la prit dans ses bras, sentant l’angoisse monter.
- Calme-toi, Val. On ne saura rien tant qu’on n’aura pas signé ce document. On va le lire ensemble, vérifier le notaire, et si tout est clair, on signe. On affrontera cette information « capitale » ensemble, d’accord ? Quoi que ce soit, ça ne changera rien à ce que nous sommes.
SCÈNE 12
“Le secret qui tremble”
Lieu : Appartement de Valérie & Dominique
Temps : Quelques minutes après l’appel
Durée à l’écran : 2 min
Tonalité : vertige, peur intérieure, union du couple face à l’inconnu.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, 40 mm : mouvements doux, plans narratifs.
- CAM B — Sony FX6, 85 mm : gros plans psychologiques, micro-expressions.
- CAM C — Blackmagic 6K, 24 mm : plans larges pour montrer l’espace mental qui se contracte.
LUMIÈRE
- Lumière matinale toujours dorée, mais plus statique, comme gelée.
- Les ombres deviennent plus présentes autour de Valérie → matérialisation du “secret”.
- Reflet blanc du verre d’eau dans sa main → symbole de fragilité.
SONS
- Silence épais, chargé d’électricité émotionnelle.
- Bruit lointain d’un scooter dans la rue → contraste avec le huis clos.
- Tremblement léger du verre dans les mains de Valérie.
- Bruit sec du dossier imprimé qu’elle pose pour s’expliquer.
SENSORIEL
- Odeur métallique du combiné encore tiède.
- Fraîcheur du verre d’eau dans la main tremblante de Valérie.
- Atmosphère soudain plus dense, comme un poids.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — Reconstruction des mots
CAM A – 40 mm – plan moyen
Valérie s’assoit lentement, comme si ses jambes menaçaient de céder.
Dominique se place face à elle, tendu, attentif.
Elle inspire profondément :
« Je vais te raconter ce que l’amplificateur n’a pas capté… »
La caméra se rapproche très lentement.
PLAN 2 — Le choc de Dominique
CAM B – 85 mm – gros plan sur Dominique
Il écoute.
Au fur et à mesure que Valérie explique les phrases perdues, les nuances, les intonations de de Champagne…
son visage se décompose.
— DOMINIQUE
« Un oncle ? Une tante ? Mais enfin… Je connais ta famille !
Ça n’a aucun sens ! »
Il secoue la tête, incrédule.
PLAN 3 — Le gouffre des questions
CAM C – 24 mm – plan large
La pièce paraît soudain immense, vide.
Les deux personnages semblent perdus dans un territoire intérieur.
— DOMINIQUE
« Un Marcel Martin… dans le Vaucluse… qui te lègue des biens ? »
Il rit nerveusement.
« C’est une coïncidence incroyable !
Notre projet semblait impossible… et là, on nous donne une maison sur un plateau ! »
Il se fige.
Le doute revient.
— DOMINIQUE, plus bas
« Tu es sûre que ce n’est pas une arnaque ? »
PLAN 4 — Le début du vertige
CAM B – 85 mm – plan serré sur Valérie
Valérie secoue doucement la tête :
— VALÉRIE
« Je ne sais pas…
La voix était tellement professionnelle…
et le notaire existe vraiment.
Tout semble… sérieux. »
Mais son regard fuit.
Son souffle se coupe légèrement.
PLAN 5 — La vraie peur apparaît
CAM A – 40 mm – travelling avant
Valérie baisse les yeux.
Une ombre traverse son visage.
— VALÉRIE
« Ce qui me perturbe le plus…
ce n’est pas l’héritage.
C’est ce qu’il a dit sur mon passé.
Une information capitale que j’ignorerais…
à cinquante-six ans. »
Gros plan sur sa gorge, difficile déglutition.
— VALÉRIE
« Quel secret de famille peut être assez énorme…
pour expliquer un lien de parenté avec un inconnu ?
Ça me donne froid dans le dos. »
La caméra capte une larme silencieuse, pas encore tombée.
PLAN 6 — Dominique réagit… mais doucement
CAM B – 85 mm – plan serré sur Dominique
Il se penche, prend ses mains.
— DOMINIQUE
« Hé… calme-toi Val. »
Voix douce, chaude, rassurante.
Il la serre contre lui.
La caméra tourne légèrement autour → effet protecteur.
PLAN 7 — L’étreinte
CAM A – 40 mm – plan moyen
Dans ses bras, Valérie tremble un peu.
— DOMINIQUE
« On ne saura rien tant qu’on n’aura pas reçu ce contrat de révélation.
On le lira ensemble.
On vérifiera tout.
Et si c’est clair… on signe. »
Il pose son front contre le sien.
— DOMINIQUE
« Cette information capitale… on l’affrontera ensemble, d’accord ?
Quoi que ce soit… ça ne changera rien à toi.
Ni à nous. »
PLAN 8 — La tension se relâche légèrement
CAM C – 24 mm – plan large
Le couple reste enlacé,
perdu dans un carré de lumière matinale.
Le téléphone est hors champ…
mais la scène garde son empreinte, presque spectrale.
Le destin vient d’entrer chez eux.
CUT.
Quelques jours plus tard, Valérie reçut le courrier promis. Ils lurent le contrat de révélation, sans y trouver le moindre détail sur le défunt ou sur les biens, mais chaque clause juridique était précise quant à la commission du généalogiste. Après vérification de l’existence du notaire parisien et des articles de loi cités, l’espoir d’une nouvelle vie, matérialisé par cette mystérieuse maison, était trop fort. Ils signèrent.
Une huitaine de jours plus tard, le 14 septembre, le téléphone sonna de nouveau. C’était M. Jean de Champagne.
— J’ai bien reçu votre document signé. La procédure de succession peut maintenant s’accélérer. J’ai besoin de vous rencontrer en personne, Mme Lemarchand, pour vous remettre l’acte de notoriété et les documents d’inventaire. Je profiterai de cette occasion pour vous révéler les circonstances de votre lien avec M. Martin. C’est plus convenable de le faire de vive voix.
Le généalogiste leur donna rendez-vous pour le mardi 19 septembre à 9 h. L’attente était désormais insoutenable. Le silence habituel de l’appartement avait été remplacé par un bourdonnement d’espoir et d’interrogations. Ils allaient enfin connaître toute l’histoire : la nature exacte de la succession, et surtout, le secret que Valérie portait sans le savoir. Ce jour-là, leur vie confinée allait peut-être prendre un tournant inattendu, une chance inouïe de réinventer leur existence loin des quatre murs de Paris.
SCÈNE 13
“Le Contrat”
Lieu : Appartement de Valérie & Dominique
Temps : Début septembre → 14 septembre → préparation du rendez-vous
Durée à l’écran : 2 min – 2 min 30
Tonalité : tension légale, mystère, préparation mentale, renaissance possible.
SET-UP CAMÉRAS
- CAM A — ARRI Alexa Mini LF, 40 mm : plans larges, ambiance, moments administratifs.
- CAM B — Sony FX6, 85 mm : gros plans sur les signatures, réactions, hésitations.
- CAM C — Blackmagic 6K Pro, 24 mm : travelling narratifs, atmosphère autour de l’appartement.
LUMIÈRE
- Lumière de début d’automne : dorée, oblique, plus douce que l’été.
- Une ambiance de chambre d’attente : entre fièvre et lucidité.
- Les zones d’ombre semblent “poser des questions” plutôt que d’opprimer.
SONS
- Froissements du courrier.
- Bruit sec du cutter qui ouvre l’enveloppe.
- Plumes/plastiques des stylos.
- Clics de vérification sur les sites institutionnels.
- Le silence, encore, mais tendu d’espérance.
- Plus tard : sonnerie du téléphone, identique à la scène 11, mais attendue cette fois.
SENSORIEL
- Odeur du papier neuf, encre d’imprimante.
- Léger parfum de bois et de poussière dans l’appartement.
- Le froissement sec du contrat sous les doigts.
DÉROULÉ — PLAN PAR PLAN
PLAN 1 — L’arrivée du courrier
CAM A – 40 mm – plan large
Plan sur la porte d’entrée.
La lumière du matin coupe la silhouette du facteur.
Le courrier tombe dans la boîte.
CUT TO :
Valérie ramasse un épais document marqué :
“Cabinet Généalogique Champagne — CONFIDENTIEL”.
Elle lève les yeux vers Dominique :
une étincelle d’appréhension.
LAN 2 — L’ouverture du contrat
CAM B – 85 mm – plan serré
Valérie ouvre l’enveloppe.
Le bruit du papier déchiré résonne comme un coup sec dans l’appartement.
Dominique se penche, concentré.
Ils découvrent les pages austères :
articles de loi, pourcentage de commission, procédures.
PLAN 3 — La précision juridique
CAM C – 24 mm – travelling latéral
La caméra glisse sur les paragraphes :
aucune mention du défunt,
ni de la propriété,
ni des circonstances.
Juste les obligations financières du contrat.
Le silence tombe.
Une tension flotte.
PLAN 4 — Vérification
CAM A – 40 mm – plan rapproché
Dominique sur l’ordinateur :
il vérifie
- le nom du notaire,
- l’étude parisienne,
- les articles de loi.
Chaque clic résonne comme un verdict.
— DOMINIQUE
« Tout est authentique…
c’est bien un vrai cabinet.
Et l’étude Garamond existe. »
Valérie ferme les yeux une seconde :
l’espoir reprend corps.
PLAN 5 — La décision
CAM B – 85 mm – gros plan sur Valérie
Elle murmure :
« Domi… on signe ? »
Un battement.
Le temps semble suspendu.
PLAN 6 — Signature
CAM C – 24 mm – ralenti léger
Le stylo gratte le papier.
Deux signatures.
Le contrat glisse dans l’enveloppe retour.
C’est un pacte.
Leur destin vient de changer.
PLAN 7 — Transition temporelle
CAM A – 40 mm – timelapse visuel
Feuilles d’automne dans la rue.
Tasses de café.
Ordinateurs qui s’allument, se ferment.
Quelques jours passent.
Jusqu’au 14 septembre.
PLAN 8 — Nouvelle sonnerie
CAM B – 85 mm – plan serré sur le téléphone fixe
La même sonnerie stridente que la scène 11.
Mais cette fois,
Valérie se précipite.
PLAN 9 — L’annonce de Champagne
CAM A – 40 mm – champ/contrechamp
— JEAN DE CHAMPAGNE (off)
« J’ai bien reçu votre document signé.
La procédure peut s’accélérer.
J’ai besoin de vous rencontrer pour vous remettre
l’acte de notoriété,
les inventaires,
et… le reste.
Les circonstances de votre lien avec M. Martin.
C’est plus convenable en personne. »
Valérie écoute, suspendue à chaque mot.
Dominique approche, inquiet et excité à la fois.
PLAN 10 — Le rendez-vous
CAM B – 85 mm – plan serré
— CHAMPAGNE (off)
« Mardi 19 septembre, 9 h.
Je vous attends dans nos bureaux à Paris. »
Valérie acquiesce en silence.
Dominique pose une main rassurante sur son épaule.
PLAN 11 — Après l’appel
CAM C – 24 mm – plan large
L’appartement n’a plus rien de calme.
Il vibre littéralement d’un nouveau souffle.
L’espoir, le doute, la projection, le secret,
tout se mélange en un bourdonnement électrique.
PLAN 12 — Clôture de scène
CAM A – 40 mm – travelling arrière lent
Valérie reste debout, le téléphone encore à la main.
Les mots “Mérindol” et “secret de famille” semblent flotter autour d’elle.
Dominique la rejoint.
Pas un mot.
Juste un regard partagé :
tout va changer.
CUT.






Laisser un commentaire